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Les derniers jours du Père de Montfort

Le 28 avril 1716 s’éteignait à Saint-Laurent-sur-Sèvre celui qui recevra le nom d’Apôtre de la Vendée, Louis-Marie Grignion de Montfort. Voici le récit de ses derniers jours…


La pierre tombale du Père de Montfort
La pierre tombale du Père de Montfort
Il arriva le 1er avril 1716. Il y choisit pour demeure un petit galetas où, pour tout lit, il avait un peu de paille, et pour tout meuble, des instruments de pénitence. M. Mulot vint l’y joindre […] La mission de Saint-Laurent commença dès le dimanche suivant. A la procession qui se fit dans l’église avant la messe, Montfort voulut porter lui-même la croix, et il était aisé de voir à l’air dont il le fit, combien il s’estimait heureux de pouvoir donner à la croix cette preuve de son respect et de son amour.

Vers le milieu de la mission, il apprit que l’évêque de La Rochelle devait prochainement venir visiter la paroisse. Sa vénération pour tous les évêques, et son affection particulière pour Mgr de Champflour, lui firent désirer de préparer au saint prélat un réception digne de lui. Il se donna pour cela tant de soins et de peines, que sa santé, déjà délabrée, ne put y tenir ; il fut attaqué d’une fausse pleurésie. Le mal était si violent, le jour de la fête, qu’il ne put se trouver avec le prélat au dîner du curé. Cependant il devait prêcher dans l’après-midi, et craignant que son silence en cette occasion ne nuisît au succès de son ministère, il crut devoir faire un dernier effort. Quand il monta en chaire, il était si défait, que tout le monde en eut compassion ; on ne pensait pas qu’il pût aller jusqu’au bout. Il prit pour sujet de son discours la douceur de Jésus. On eût dit le Sauveur lui-même faisant au sortir de la Cène ses derniers adieux aux Apôtres. Sa voix était animée dans l’action, il traita ce sujet d’une manière si touchante, il peignit surtout en termes si tendres la douceur de Jésus envers Judas, qu’il n’y eut personne dans l’auditoire qui ne fondit en larmes. Au sortir de chaire, le prédicateur fut obligé de se mettre au lit. On lui donna tous les remèdes qu’on crut nécessaires : tout fut inutile, la maladie était mortelle, et lui-même était mûr pour le Ciel. Il était, comme à son ordinaire, sur de la paille ; mais son mal empirant chaque jour, il consentit par obéissance à prendre un matelas, et ce fut en cet état qu’il reçut avec de grands sentiments de piété, les derniers sacrements de l’Eglise […]

Statue du Père de Montfort dans la basilique de Saint-Laurent-sur-Sèvre
Statue du Père de Montfort dans la basilique de Saint-Laurent-sur-Sèvre
Le 27 avril, le malade sentant sa fin approcher, fit son testament, que voici dans toute sa simplicité :

« Je soussigné, le plus grand des pécheurs, veux que mon corps soit mis dans le cimetière et mon cœur sous le marchepied de l’autel de la Sainte Vierge.
« Je mets entre les mains de Mgr l’évêque de La Rochelle et de M. Mulot, mes petits meubles et livres de mission, afin qu’ils les conservent pour l’usage de mes quatre frères, unis avec moi dans l’obéissance et la pauvreté, savoir, frère Nicolas, de Poitiers ; frère Philippe, de Nantes ; frère Louis, de La Rochelle, et frère Gabriel, qui est avec moi, tandis qu’ils persévéreront à renouveler leurs vœux tous les an ; aussi pour l’usage de ceux que la divine Providence appellera à la même communauté du Saint-Esprit. Je donne toutes mes figures du calvaire avec la croix, à la maison des sœurs des Incurables de Nantes.
« Je n’ai point d’argent à moi en particulier ; mais il y a 135 livres qui appartiennent à Nicolas, de Poitiers. M. Mulot donnera 10 écus de la boutique à Jacques, 10 autres à Jean, et 10 écus de même à Mathurin, s’ils s’en veulent aller, et ne pas faire vœu de pauvreté et d’obéissance. S’il y a quelque chose de reste dans la boutique, M. Mulot en usera en bon père, à l’usage des Frères et à son propre usage. Comme la maison de La Rochelle retournera à ses héritiers naturels, il ne restera plus pour la communauté du Saint-Esprit, que la maison de Vouvant, donnée par contrat par M. de La Brulerie, dont M. Mulot accomplira les conditions ; les deux boisselées de terre données par Madame la lieutenante de Vouvant, et une petite maison donnée par une bonne femme, à condition que s’il n’y a pas moyen d’y bâtir, on y entretiendra les Frères de la communauté du Saint-Esprit, pour faire l’école charitable.
« Je donne trois de mes étendards à Notre-Dame-de-Sainte-Patience, à La Séguinière ; les quatre autres à Notre-Dame-de-la-Victoire, à La Garnache ; et à chaque paroisse de l’Aunis où le rosaire persévérera, une des bannières du saint rosaire. Je donne à M. Bonny les six tomes de Sermons de la Volpilière, et à M. Clisson les quatre tomes des Catéchismes des Peuples de la Campagne. S’il en est dû quelque chose à l’imprimeur, on le paiera de la boutique ; s’il y a du reste, il faudra rendre à M. Vatel ce qui lui appartient, si monseigneur le juge à propos.
« Voilà mes dernières volontés, que M. Mulot fera exécuter avec un entier pouvoir que je lui donne de disposer comme bon lui semblera, en faveur de la communauté du Saint-Esprit, des chasubles, calices et ornements d’église et de mission. »
« Fait à la mission de Saint-Laurent-sur-Sèvre, le 27 avril 1716. »

La chapelle de la Sagesse et la basilique du Père de Montfort
La chapelle de la Sagesse et la basilique du Père de Montfort
Après ces dernières dispositions, le saint prêtre ne pensa plus qu’à la mort. Il demanda qu’on lui laissât au cou, aux bras et aux pieds, les chaînettes qu’il y portait, voulant mourir comme il avait vécu, esclave de Jésus en Marie. De sa main droite, il prit le crucifix auquel le Pape avait attaché l’indulgence plénière, et de la gauche la petite statue de la sainte Vierge, qu’il portait toujours avec lui. Ses yeux étaient constamment sur ces images, et il les baisait tour à tour, en invoquant les noms de Jésus et de Marie. Cependant un grand nombre de personnes s’étaient assemblées à la porte de sa chambre, et demandaient à le voir une dernière fois. Le missionnaire voulut qu’on laissât entrer. Tous se mirent à genoux, en poussant des gémissements, et lui demandèrent sa bénédiction. L’homme de Dieu s’en défendit, alléguant qu’il était un trop grand pécheur. Mais M. Mulot lui ayant dit de les bénir avec son crucifix, afin que ce fût Jésus-Christ, et non pas lui, qui les bénît, il consentit à le faire de cette manière. Sa chambre était trop petite pour contenir tous ceux qui désiraient avoir le même avantage ; il fallut, pour satisfaire leurs désirs, qu’elle se vidât, et se remplît successivement jusqu’à trois fois. A la vue de ce peuple qui fondait en larmes, le saint missionnaire ranimant toutes ses forces pour lui inspirer les sentiments dont il était lui-même pénétré, chanta le couplet suivant d’un de ses cantiques :

Allons, mes chers amis,
Allons en Paradis ;
Quoi qu’on gagne en ces lieux ;
Le Paradis vaut mieux.

Un moment après, il tomba dans une espèce d’assoupissement ; puis, s’étant réveillé tout tremblant, il dit à haute voix : « C’est en vain que tu m’attaques ; je suis entre Jésus et Marie… Deo gratias et Mariæ. Je suis au bout de ma carrière. C’en est fait, je ne pécherai plus. » Et il expira doucement, sur les huit heures du soir, un mardi vingt-huit avril 1716, à l’âge de quarante-trois ans deux mois et vingt-huit jours.

Extrait de la Vie du vénérable serviteur de Dieu, Louis-Marie Grignion de Montfort, missionnaire apostolique et instituteur de la congrégation des missionnaires du Saint-Esprit de Saint-Laurent-sur-Sèvre et de celle des Filles de la Sagesse, 1839, pp. 351-357

Rédigé par N. D. le Samedi 28 Avril 2012 à 15:07 | Lu 2402 fois
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