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Neuvy-en-Mauges : quand la tradition orale rejoint l'Histoire...

Voici une anecdote racontée par M. Louis Meignan, habitant de Neuvy-en-Mauges, lors s'une visite du château de la Morosière, en août 2013. Cette histoire, M. Meignan l'a entendue enfant et depuis 1789, elle s'est transmise de génération en génération. A cette occasion, M Meignan l'a transmise à son tour aux visiteurs présents. Après recherches, il s'avère qu'il y a toujours une part de réalité avec l'histoire orale...


Le seigneur de la Morosière prend la poudre d'escampette au moment de la Révolution

Le château de la Morosière aujourd'hui, incendié durant la Révolution, il fut rebâti vers 1859 (cliché M. Leclerc)
Le château de la Morosière aujourd'hui, incendié durant la Révolution, il fut rebâti vers 1859 (cliché M. Leclerc)
Le seigneur de la Morosière, M. de Violaine « est parti en Angleterre. On dit pas s’il est parti avec son épouse, s’il en avait une à ce moment-là, par contre il avait un fils. Il ne pouvait pas l’emmener avec lui donc il l’a laissé dans une ferme de la Morosière. Cela s’appelait la Couraudière sur la commune de la Poitevinière. La fermière était enchantée d’avoir cet enfant là, mais comment faire pour le garder parce qu’elle avait les siens et quand elle s’en allait faire son travail, elle les attachait avec une corde au pied de la table. Et elle ne voulait pas faire cela à not’ maître. Elle ne savait pas comment faire, alors elle l' attacha avec un brin de laine, et pis soit disant qu’il n’a jamais cassé sa laine… alors je pense que son père l’a retrouvé en bon état, la suite vous la voyez comme vous voulez… »

La suite de l'histoire a été trouvée par hasard dans les « mémoires de la Comtesse de la Bouëre » (1770-1867) dont le château se trouvait entre Jallais et la Poitevinière. Ses mémoires ont été publiées par sa belle fille en 1890.

Le jeune fils De Violaine échappe au massacre

Portrait de la Comtesse de la Bouëre
Portrait de la Comtesse de la Bouëre
"Au moment où cette ville était menacée d'être assiégée (Angers), madame de La Chevalerie et sa fille, avec d'autres prisonniers, furent conduits aux Ponts-de-Cé. Là, beaucoup d'entre eux furent fusillés, d'autres sabrés et jetés dans la Loire, ce qui était facile, les prisonniers étant réunis en masse sur ces ponts. Chacune des victimes s'attendait à la mort, était résignée, et faisait le sacrifice de sa vie, à laquelle il semblait qu'on ne tenait plus, surtout quand la barbarie des républicains les porta à séparer les enfants de leurs mères..., spectacle qui fut si déchirant qu'il ne faut pas essayer de le peindre !...

Mademoiselle de La Chevalerie fut donc arrachée des bras de celle qui lui avait donné l'existence, il en fut de même, comme je l'ai dit, de mademoiselle de La Béraudière, etc. On délibéra sur ce qu'on ferait des prisonniers qui restaient ; les bourreaux étaient peut-être fatigués de meurtres...

Enfin, il fut décidé qu'on remettrait leur exécution après le siège d'Angers, et qu'aucun ne serait épargné si les républicains n'étaient pas victorieux.
Les jeunes personnes furent réunies à d'autres encore qui avaient été enlevées à leurs mères. Sans pitié pour leurs larmes et leurs cris de désespoir, elles furent entraînées en prison dans une église, à Doué.

Le hasard fit, sans qu'on pût l'expliquer, que le jeune de Violaine (fils du propriétaire du château et de la terre de la Morouzière) fut emmené avec ces jeunes filles parmi lesquelles il s'était trouvé. Il partagea leur réclusion. Plus tard ces enfants, qui n'avaient pas quinze ans, furent mis sous la sauvegarde de la loi, ce qui les sauva du cruel tribunal de sang."

Le jeune de Violaine semble avoir échappé au massacre grâce à son âge. On perd donc sa trace aux Ponts-de-Cé où il est détenu en captivité. Les recherches n'ont pas permis de trouver le nom du jeune Violaine ainsi que la suite de son histoire... mais il n'en est pas de même pour les autres personnages du récit de M. Meignan.

Que sait-on sur M. de Violaine père et les gardiens de son fils ?

De nombreux nobles immigrent en Angleterre dès le début de la Révolution française
De nombreux nobles immigrent en Angleterre dès le début de la Révolution française
On retrouve les traces du seigneur de la Morosière dans les mémoires de la Marquise de la Rochejacquelin qui nous dit que "le château de la Morosière, paroisse de Neuvy près Chemillé, appartenait à Charlotte de Raoul, mariée en 1782 à Louis-Ambroise-Isaac de Violaine, chevalier, seigneur de la Cour, capitaine des carabiniers." Cet homme était donc bien marié à l'époque et originaire de la seigneurie de la Cour, aujourd'hui sur la commune de Mailly-la-Ville dans l'Yonne. Il est né vers 1760 et a donc 39 ans lorsqu'il quitte la Morosière pour l'Angleterre en laissant son fils en garde. Il est le fils de Claude Isaac de Violaine né vers 1700 et seigneur de La Cour-lès-Mailly et petit-fils de Charles de Violaine, capitaine de dragons. On ne sait pas s'il a survécu à la Révolution.

D'autres personnes habitaient le même hameau de la Couraudière où le jeune Violaine fut caché en 1789. La comtesse de la Bouëre nous apprend que la métairie de la Couraudière fut visitée par les bleus en janvier 1793 elle cite :
« Marie Coiffard, de Saint-Martin de Beaupréau, domestique de la métairie de la Couraudière, y a été tuée le 20 janvier; elle était âgée de 20 ans. »
« Mathurin Brouard, métayer de la Couraudière, âgé de 52 ans, tué le même jour. »

D'autres habitants du hameau ont pris les armes et ont survécu aux guerres de Vendée comme ce Pierre Bondu né le 5 mai 1770 à la Poitevinière, fils de Mathurin BONDU, métayer à la Couraudière, et de Jeanne FROGER, laboureur à Jallais en 1824. Ces personnes ont peut-être fait partie de la famille à laquelle le seigneur de la Morosière confia son fils en 1789.

Un voile de mystère demeure donc encore sur l'anecdote racontée par M. Meignan qui puise ses origines tout de même ses origines dans la vérité après 220 ans de bouche à oreilles.


Rédigé par Mickaël LECLERC le Mardi 30 Décembre 2014 à 18:50 | Lu 954 fois
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