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Le « Pré aux Bleus » à La Verrie

Au nord de La Verrie, la « Pierre qui branle » est une curiosité géologique bien connue dans le pays. Cet empilement de deux rochers, l’un à fleur de terre, l’autre posé dessus en équilibre, se trouve au sommet d’un coteau escarpé et sauvage, où l’imagination du promeneur peut sans peine faire ressurgir quelque histoire de la Grande Guerre… Point n’est besoin d’aller très loin pour cela. En contrebas du coteau de la « Pierre qui Branle » se situe en effet un champ appelé le « Pré aux Bleus », qui doit son nom aux représailles exercées à cet endroit par un nommé Guitton qui habitait, non loin de là, le village de la Tour.


La « Pierre qui Branle » (à gauche) et le monument érigé au XIXe siècle
La « Pierre qui Branle » (à gauche) et le monument érigé au XIXe siècle
Guitton avait vingt ans lorsque la Vendée se souleva en mars 1793. Il fut parmi les premiers à La Verrie qui poussèrent M. de Sapinaud à prendre le commandement de l’insurrection, et fit toute la guerre dans les rangs de l’Armée du Centre. Il raccrocha son fusil au retour de la Virée de Galerne, convaincu que l’anéantissement de la Grande Armée dans les marais de Savenay avait mis un terme aux combats.

Les Bleus n’en avaient pourtant pas fini avec la Vendée. Bientôt les colonnes de Turreau allaient s’abattre sur le Bocage jusqu’à La Verrie, longtemps tenue éloignée du théâtre de la guerre. Après leur passage, l’ancien volontaire de l’armée de Sapinaud découvrit avec horreur les corps de sa mère, de ses sœurs, de petits neveux et nièces taillés en pièces par les soldats républicains. Il inhuma leurs pauvres corps mutilés avec l’aide de ses voisins réchappés du massacre et se jura de venger ces innocents. L’heure n’était plus aux gestes de grâce, face à ces crimes indicibles.

La « Pierre qui Branle »
La « Pierre qui Branle »
Guitton se jeta sur son fusil pour repartir au combat avec la petite troupe que Sapinaud de La Rairie avait levée pour résister aux Bleus. Mais il se ravisa. Dix-sept des siens avaient succombé ; il lui fallait donc dix-sept victimes expiatoires. En reprenant les armes, il pouvait tomber, fauché par une balle au premier accrochage, sans avoir eu le temps d’assouvir sa vengeance. Il réfléchit longuement, rumina sa colère, toute la journée et toute la nuit qui suivirent la tuerie. Au petit matin, il prit sa serpe et l’aiguisa, patiemment, jusqu’à la rendre tranchante comme un rasoir. Il l’accrocha à sa ceinture, sous son tablier, prit un morceau de pain et se mit en route, comme pour aller aux champs.

Il passa la journée à sillonner les chemins creux, à l’allure d’un paysan qui va au travail ou s’en revient. Le soir, au milieu du chemin de la Roussière, il tomba soudain nez à nez avec un Bleu ; c’était une estafette envoyée à Mortagne, qui s’était égarée en route. Guitton, ne montrant rien de ses sentiments, proposa son aide, ce que le soldat accepta sans méfiance. Il le conduisit jusqu’au bas du coteau de la Pierre qui branle, s’arrêta devant un échalier qui séparait le chemin d’un petit pré et lui dit : « Voilà la route, citoyen, au bout de ce pré tu trouveras un sentier qui conduit tout droit à la Sèvre, et de là à Mortagne. » Lorsque le Bleu enjamba l’échalier, Guitton saisit sa serpe et d’un coup fit rouler la tête du républicain dans le pré, tandis que le corps de son ennemi restait encore à cheval sur la clôture.

Vue du monument au sommet du coteau de la « Pierre qui Branle »
Vue du monument au sommet du coteau de la « Pierre qui Branle »
Impassible, Guitton nettoya sa serpe ensanglantée, puis de la pointe de son couteau fit une coche sur le manche. « En voilà un ! Il m’en faut encore seize… » Il gravit alors le coteau de la Pierre qui Branle pour rentrer au village de la Tour. Il en revint le lendemain matin, avec une pelle et une pioche afin d’enterrer sa première victime.

Les jours suivants, et pendant plusieurs semaines, il s’offrit à nouveau comme guide aux Bleus égarés qui payèrent de leur tête les crimes des soldats de Turreau. Guitton ajoutait consciencieusement les coches au manche de sa serpe, et les fosses dans le petit pré qu’on appellera désormais le Pré aux Bleus. Un soir il fit le point : dix-sept coches, dix-sept fosses. « Maintenant j’ai mon compte ! » se dit-il, avant de prendre son fusil et de rallier les gars de Sapinaud…

A suivre…

(D’après Henri Bourgeois, La Vendée historique, 1900)
Rédigé par N. D. le Mercredi 2 Mai 2012 à 22:51 | Lu 558 fois
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